jeudi 30 septembre 2021

Youth4Climate : avant la COP26, 3 jours pour sortir du blabla

Réunis à Milan du 28 au 30 septembre, 400 jeunes du monde entier doivent soumettre des propositions concrètes pour lutter contre le réchauffement climatique. « Pour beaucoup d’entre nous il ne suffit plus de faire moins. On ne peut restaurer des cultures, des traditions disparues. On ne peut s’adapter lorsqu’on meurt de faim. Il est temps pour les dirigeants de mettre dommages et intérêts au centre des négociations sur le climat. » Vanessa Nakate, jeune militante écologiste ougandaise, a donné le ton du Sommet des jeunes pour le climat, qui réunit à Milan du 28 au 30 septembre, 400 jeunes du monde entier, à un mois de la cruciale COP26 à Glasgow. Plus directe encore, Greta Thunberg n’y est pas allée par quatre chemins : « Il n’y a pas de planète B, il n’y a pas de planète bla bla, bla bla bla, bla bla bla, économie verte bla bla, neutralité carbone en 2050 bla bla ». Sous l’intitulé « Youth4Climate Driving Ambition », cette assemblée singulière doit préparer un document de négociation présentant des propositions concrètes pour le climat, à destination des 59 ministres de l’Environnement qui participeront à la COP26, conférence internationale sur les changements climatiques organisée par les Nations Unies du 31 octobre au 12 novembre à Glasgow en Ecosse. Cette implication des jeunes dans la Conférence des Parties (COP) est une décision récente de l’ONU : le « Youth Advisory Group on Climate Change » (Groupe consultatif des jeunes pour le Climat) a été constitué en juillet 2020. Pour mémoire, « Youth for Climate » est la continuité du mouvement « Fridays for Future », qui s’est créé en août 2018, à la suite des sit-in organisés devant le parlement suédois par Greta Thunberg et d’autres jeunes militants. Ce mouvement rassemble aujourd’hui des jeunes du monde entier qui agissent pour l’environnement et pour la lutte contre le réchauffement climatique. Les 400 participants à la rencontre de Milan, issus des 197 pays qui seront à la COP 26, ont été choisis à l’issue d’une « compétition » au cours de laquelle les candidat.e.s devaient résumer de manière créative les points les plus importants à retenir de l'un des neuf épisodes de Youth4ClimateLive en présentant leurs idées via une infographie originale ou une vidéo d'une minute (Voir ici : https://youth4climate.live/ ). La sélection a été effectuée, parmi 9.000 candidatures reçues, par le bureau du Youth Envoy du secrétariat général des nations Unies. (Lire ICI) Pour Léna Lazare, coordinatrice de la branche française du mouvement "Fridays for future", interviewée par TV5Monde, « C'est très vertical comme démarche. (…) Le fait que l'on organise un sommet pour nous, mais sans passer par notre réseau pour la sélection des jeunes — dans un espace très cadré — fait que l'on est nombreux à ne pas se reconnaître dedans ». Elle ajoute qu’elle n’attend pas grand-chose de la COP26 : « Quand on a signé l'accord de Paris sur le climat en 2015, tout le monde pensait que les choses allaient avancer. En 2021, aucun pays ne respecte cet accord, donc on voit bien que ces échelles internationales ne semblent pas fonctionner. C'est en tout cas le point de vue de la branche française de Fridays for climate qui défend l'idée de changer les choses par le bas, au niveau local, en espérant que cela fera pression sur la société et donc à un niveau national. (…) Aujourd'hui, nous pensons que le cœur du problème est le système économique productiviste, qui n'est pas — selon nous — compatible avec une société écologique. » Dans un message vidéo, le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a de nouveau affirmé que «la crise climatique est une alerte rouge pour l'humanité», et a adressé aux participants à Youth4Climate Driving Ambition un message d’encouragement : «Les jeunes sont à l'avant-garde pour proposer des solutions positives, plaider en faveur de la justice climatique. Nous avons besoin que les dirigeants nationaux suivent votre exemple et garantissent l'ambition et les résultats dont nous avons besoin à la COP26 et au-delà.» L’heure est en effet grandement venue de sortir du blabla.