mercredi 5 mai 2021

Avec le peuple colombien

C’est en Colombie, en sa capitale musicale, Ibagué, qu’a eu lieu en 2017 la toute première édition du Festival des Humanités (au Teatro Tolima). Aujourd’hui, la Colombie baigne dans le sang. Profitant de la crise du Covid, qui touche tout particulièrement la Colombie (où les 2/3 de la population n’ont aucune couverture santé), le président Ivan Duque a tenté de faire passer une réforme fiscale (suivie de deux autres réformes, sur la santé et les retraites) qui aurait encore aggravé la situation des plus modestes. Le 28 avril, le pays s’est soulevé, et depuis lors la contestation n’a pas faibli. La répression de ce mouvement social, d’une ampleur inédite en Colombie, et où la jeunesse est en première ligne, a été d’une brutalité inouïe, notamment à Cali, épicentre du mouvement de contestation : plusieurs dizaines de morts, plus de 700 détentions arbitraires, plus de 90 « disparitions » à ce jour, de nombreux cas de torture (y compris sur des adolescents), de viols et abus sexuels commis par les « forces de sécurité ». #SOSColombia nos estan matando (ils sont en train de nous tuer) : le peuple colombien appelle la communauté internationale à l’aide. Ce mardi 4 mai, l’Onu a fermement condamné fermement “l'usage excessif de la force” par la police lors des manifestations contre la réforme fiscale en Colombie, notamment à Cali, dans l'ouest du pays, où plusieurs personnes ont trouvé la mort sous les balles. Marta Hurtado, porte-parole du Haut commissariat aux droits de l’Homme, a déclaré lors d'un point de presse de l'Onu à Genève :“Nous sommes profondément alarmés par les événements dans la ville de Cali en Colombie, où la police a ouvert le feu sur des manifestants qui s'opposent à une réforme fiscale, tuant et blessant un certain nombre de personnes ”. A Bruxelles, l'UE a jugé "prioritaire de mettre un terme à l'escalade de cette violence et d'éviter tout usage disproportionné de la force par les forces de sécurité". Les Etats-Unis ont appelé à la "plus grande retenue de la part de la force publique afin d'éviter d'autres pertes de vies". Amnesty International a demandé à mettre "fin à la répression des manifestations" et à "la militarisation des villes". A cette heure, la diplomatie française demeure muette. Qui ne dit mot consent. La France complice d’un crime d’Etat ? Le festival des humanités affirme sa pleine et entière solidarité avec le peuple colombien. Ce qui se passe en Colombie est contraire aux droits humains les plus élémentaires. Ce mercredi 5 mai, d’immenses manifestations sont prévues dans tout le pays. Le président Duque a d’ores et déjà apporté son soutien à la police et à l’armée, invoquant le « vandalisme terroriste » des manifestants. Un nouveau bain de sang est à prévoir, mais la population colombienne a décidé de ne plus avoir peur. Jean-Marc Adolphe, 5 mai 2021 Ibagué, 4 mai 2021 A venir : soirée de solidarité avec la Colombie, le lundi 17 mai à partir de 18 h (à confirmer), à Montreuil, à l’initiative de leshumanites.org A lire sur Mediapart : Nuit sanglante en Colombie (3 mai) : https://blogs.mediapart.fr/jean-marc-adolphe/blog/030521/nuit-sanglante-en-colombie Colombie : la France approuve le massacre en cours (5 mai) : https://blogs.mediapart.fr/jean-marc-adolphe/blog/050521/colombie-la-france-approuve-le-massacre-en-cours A lire, parmi d’autres articles : https://www.lexpress.fr/actualites/1/monde/colombie-condamnation-internationale-de-la-repression-des-manifestations_2150173.html https://www.france24.com/fr/am%C3%A9riques/20210504-manifestations-en-colombie-la-communaut%C3%A9-internationale-condamne-la-r%C3%A9pression https://www.liberation.fr/international/amerique/en-colombie-la-repression-du-president-duque-saccentue-20210505_NTTP4PJRDZB2ZAJQ6PE6DH72ZE/?xtor=EREC-25-%5BNL_quot_matin_05-05-2021%5D-&actId=ebwp0YMB8s1_OGEGSsDRkNUcvuQDVN7a57ET3fWtrS9A2HlqHTVwbW4IFZ-jv-L9&actCampaignType=CAMPAIGN_MAIL&actSource=508976