Faire école, depuis la nuit

“Faire école” une nuit d’été, dans et hors les murs, à travers une démarche d’éducation aux territoires et de sensibilisation à l'environnement et à la biodiversité : le Festival des humanités s’associe à la Nuit des écoles, initiative lancée par l’association Faire école ensemble, dont la première édition se déroulera dans toute la France du 21 au 28 août. « C'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière » écrivait Edmond Rostand. Pendant de longues semaines, les écoles de la République ont été plongées dans la pénombre. Les enfants de tous âges ont été privés de leurs salles de classe et de leurs cours de récréation, tout comme de la relation vivante avec leurs enseignants et leurs camarades de classe. Malgré un travail exceptionnel des enseignants et des personnels de l’éducation nationale pour s’adapter et maintenir un lien avec l’école, cette période laissera des traces pour nombre d’élèves, notamment chez les plus vulnérables. Au prix de normes et de contraintes sanitaires qui ont exigé, de la part des personnels enseignants et encadrants, un surcroît d’attention et de travail, les écoles ont progressivement rouvert leurs portes depuis le 11 mai. Mais cette « petite rentrée » n’aura été qu’une parenthèse, une première reprise de contact. Et personne ne sait encore très précisément dans quelles conditions les établissements scolaires pourront aborder la rentrée de septembre. Paradoxalement, c’est parfois lorsqu’elles s’absentent que l’on vient à ressentir la profonde nécessité de certaines institutions. L’éclipse du temps et de l’espace scolaires, provoquée par la crise sanitaire, a fait sentir à quel point l’école était un pilier de la société, un bien commun fragile dont nous devons prendre soin, au même titre que les établissements de santé publique. Dans la tempête, les marins ont besoin de boussole et de phares qui les guident. En ces temps de ruptures et de bouleversements, l’école doit rester cette boussole, ce phare de la connaissance partagée. Il faut que l’école de la République joue, pleinement, son rôle d’école de la res publica : ce qui nous fait tenir ensemble, au-delà de nos différences géographiques, sociales, générationnelles, culturelles, etc...« Sans éducation, l’enfant est orphelin », dit un proverbe français. Et le biologiste et généticien Albert Jacquard ajoutait « L’objectif de toute éducation devrait être de projeter chacun dans l’aventure d’une vie à découvrir, à orienter, à construire. (…) L’école n’est pas seulement le lieu où on apprend du savoir ; c’est un lieu où on apprend à échanger. ». L’école n’est pas un univers clos, distinct et isolé de la société mais au contraire une entité ouverte et intégrée au sein de la Cité. L’école est l’affaire de tous : élèves, enseignants, parents, collectivités, associations, citoyens-habitants, etc. Il nous semble prioritaire de faire vivre l’intelligence collective pour une école revivifiée et repensée en profondeur comme un écosystème interdépendant avec d’autres dimensions géographiques (urbains, péri-urbains, ruraux), socio-économiques, culturelles et aujourd’hui, ô combien, écologiques. Telle est l’intention de la première édition de la « Nuit des écoles », organisée du 21 au 28 août sur l’ensemble du territoire hexagonal et ultramarin. Explorer son territoire à la tombée du jour avant de retrouver l’école le temps d’une soirée. Faire école buissonnière, dans la nuit et avec la nuit. Apprendre ensemble du territoire, sous la forme de balades en petits groupes à la découverte de leur milieu de vie en ville et à la campagne, qui convergeront pour une veillée au sein de l’école, avec des temps de rencontres, de transmission et de convivialité s’appuyant sur les matériaux et témoignages recueillis. Relier les écoles, les associations, les jeunes et les citoyens-habitants autour d’un projet pédagogique ouvert et convivial. À l’école de la nuit, nous faisons le pari de la balade et de l’aventure collective pour participer à ré-ouvrir les portes de l’école et refaire société. Pour favoriser les connections entre des territoires trop souvent cloisonnés, chaque école de ville pourra être jumelée à une école rurale. L’initiative de cette « Nuit des écoles » s’appuie sur l’alliance d’acteurs issus de l’éducation, des sciences, du développement durable, de l’éducation populaire, des collectivités locales, avec le concours du ministère de l’Éducation Nationale pour faciliter la mise en œuvre de toute action locale. De nombreuses écoles et communes ont déjà montré leur intérêt pour l’initiative. Nous appelons toute personne intéressée à contribuer à cette dynamique, et à faire œuvre commune, à l’orée de nouveaux alliages entre écoles et territoires. S'inscrire (école, association ou collectif) : : http://nuit-des-ecoles.org/post/
Rejoindre la communauté :  https://www.facebook.com/groups/3066277566785973/
Carte des manifestations : http://nuit-des-ecoles.org/cartedesmanifestations/ Premiers signataires : Rodrigo Arenas et Carla Dugault (co-présidents de la FCPE), Damien Berthiller (Président du Réseau français des villes éducatrices) ,Patrick Chamoiseau (écrivain), Marc Delmotte (chercheur en sciences du climat), Etienne Butzbach (Vice-président de la Ligue de l’Enseignement),  Luc Gwiazdzinski (géographe), Jean Jouzel (climatologue, membre de l’académie des sciences), Vincent Lena (coordinateur du programme “Cités Educatives”), Pascale Laborier (Professeure de science politique),  Philippe Meirieu (professeur émérite en sciences de l’éducation), Mona Ozouf (historienne), Christophe Prochasson (Président de l’Ehess),  Gilles Rabin (Directeur de l'innovation du CNES), Dominique Schnapper (Sociologue), Sébastien Turpin (coordinateur nationale de Vigie-Nature), Patrick Weil (historien), Philippe Watrelot (enseignant),  Chris Younes (philosophe). Raberh Achi (chercheur en science politique),  Jean-Marc Adolphe (journaliste-essayiste),  Frédérique Alexandre Bailly (directrice de l’Onisep),, Stéphane Audoin-Rouzeau (historien),  Hervé Baronnet (enseignant),  Alexandre Benassar (Président du réseau des Tiers-lieux Edu),  , Xavier Boissarie (designer), Barbara Bouley (artiste), Bruno Boussagol (metteur en scène),  Antoine Burret (sociologue), , Priscilla De Roo (Economiste, urbaniste), Albert Dichy (directeur littéraire), Isabelle Favre (géographe), Angélique Figari (Présidente Maison de l’Apprendre), Déborah Furet (chargée de mission, Ehess), Hélène Gadenne (citoyenne-écologue), Benjamin Gentils (citoyen), Greg Germain, (Acteur, Réalisateur), Thomas Germain (citoyen), Sarah Gourfink (enseignante), Nolwenn Guillou (directrice d’école),  Antoine Henry (chercheur en sciences de l'information), Frédéric Hocquard (maire-adjoint de Paris en charge du tourisme et de la vie nocturne), Christine Kiehl (Maître de conférence en Art dramatique et théâtre anglophone), Pascale Laborier (Professeure de science politique),  Lysiane Lagadic (designer-chercheur),  Nicolas Loubet (citoyen-parent), Christine Lecomte (architecte), Pierre Mathiot (directeur de Sciences Po Lille), Gilles Malatray (paysagiste sonore), Jean-Paul Manganaro (essayiste, traducteur), Valeria Marcolin (Culture et développement), Paul Marchesseau (designer) Christophe Noullez (enseignant), Jean-Bernard Ouedraogo (Sociologue), Mona Ozouf (historienne), Jeanne Poitevin-Carasso (metteure en scène), Mikhael Pommier (designer-chercheur), Rémy Seillier (France tiers-lieux), Sophie Ricard (architecte), Jérôme Saltet (co-fondateur du groupe Playbac),  Bruno Tackels (philosophe), Olivier Turquin (géographe), Faizal Zeghoudi (chorégraphe).