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#2 Lettre de Vallorcine


Et maintenant ? Maintenant, c’est déjà hier ; maintenant, c’est peut-être demain.


Voilà une quinzaine de jours que le site des humanités a été mis en ligne, porté par quelques « actes inauguraux », du Burkina Faso à la Luzège, du Lauragais (Cenne-Monnestiés) au Brésil, etc.


En ce moment-même, un « atelier des humanités » se tient, à la bonne franquette, dans le cadre hospitalier de la Nuit des Ours, à Vallorcine (Haute-Savoie), festival atypique (mais au fait, que serait un festival « typique » ?) enraciné dans son territoire. Comme le dit son initiateur, Bruno Boussagol, dans un entretien vidéo pour le site des humanités, « on a forgé l’expression « arts du chemin » et on s’y tient. »


« Pour des raisons géographiques, météorologiques, économiques et historiques, les habitants de la commune de Vallorcine ont toujours dû résister aux intempéries et aux aléas de l’histoire en inventant des stratégies pour arriver à leurs fins sur cette terre d’accueil, de passage et de migration. (…) Les concepteurs de la Nuit des Ours œuvrent en tenant compte des valeurs de transmission, de co-développement, d’intégration douce, d’excellence artistique et de respect d’une nature qu’ils chérissent. Tout en mettant en valeur le patrimoine, ils s’inscrivent dans les courants contemporains en pratiquant « les arts du chemin » et en accueillant des spectacles singuliers. »


Parallèlement à l’atelier des humanités, se déroulent d’autres ateliers qui précèdent les spectacles et concerts prévus les 5 et 6 août, sous la généreuse lumière de la lune, en pleine montagne. Avec Julia Vitry, on peut collecter des éléments naturels (végétaux, pierres, etc.) et réaliser des œuvres éphémères le long des chemins. Jeunes et moins jeunes peuvent s’initier au journalisme avec l’équipe de Radio Globule, qui émet dans la vallée. Ou encore : concilier yoga et montagne avec Xavier Dunand ; s’initier au taïko, tambour japonais, avec Yumi Celia et Alison Roe, ou bien aux percussions italiennes avec Massimo Laguardia ; danser dans la nature avec Andrea Sitter ; composer des haïkus, ou participer à un atelier d’écriture « sur la trace des ours » ; apprendre à décrypter l’histoire du paysage avec l’anthropologue Michela Zucca, etc. Ce mardi 4 août en début d’après-midi, le paysan conteur Christian Grenouillet invite à une balade botanique à la découverte des plantes rebelles.


Autant de « micro-évènements » qui forment une constellation en actes, comme le préconise la charte-manifeste du festival des humanités, « plateforme de pratiques, d'initiatives et d'événements souhaitant se relier, se fédérer, se mutualiser, afin de faire intelligence collective. » A l’orée de chemins croisés, mettre à l’œuvre le « rassemblement des possibles ». Cela suppose quelques menus moyens (le financement participatif reste à l’ordre du jour : ICI), pour que le site des humanités puisse grandir, et soit en capacité de relier et fédérer de multiples graines d’horizons.

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